Afrique, Conscience et Renaissance

Je suis venu apporter l’épée pas la paix…pour l’Afrique

« Il est difficile de rencontrer un homme qui veuille bien entendre une vérité désagréable ».

C’est une pensée que je partage mais je pense également que peu importe à quel point dure est la vérité, elle se doit d’être dite. Imaginez-vous un instant ce que serait l’histoire si rien était dit à propos de la dure réalité de l’esclavage. Pensez-vous que les choses auraient changé ? J’en doute fort. C’est la raison pour laquelle je me tiens devant vous au travers de ces mots, une pensée en tête « …je suis venu apporter l’épée pas la paix… » les plus chrétiens d’entre vous auront reconnu un passage de la Bible, Matthieu 10.34 . Dans ce passage Jésus dans ses grandes métaphores compare la vérité à l’épée. Nous le savons tous, c’est un homme de paix. Pourquoi voudrait-il apporter autre chose que la paix? Je crois que dans sa grande sagesse il avait compris qu’une paix bâtit sur le mensonge ne dure pas. Il avait compris que la vérité comme l’épée, peut être tranchante et sanglante. Et elle n’apporte aucune paix à celui qui dit le mensonge ou à celui qui croit au mensonge de paix.

Nelson Mandela a dit « Les distorsions ont trompé de nombreuses personnes innocentes car elles sont tissées autour de faits et d’événements concrets que ceux qui ont encore une conscience ne nieront jamais ». Il est deux choses importantes de ce qu’il dit qui attirent particulièrement mon attention. Ceux qui ont encore une conscience… J’ai tendance à penser que ceux qui contrôlent la conscience de l’un contrôlent celui-ci. Imaginez le danger d’avoir des personnes pleinement conscientes d’un mensonge, accepter celui-ci comme vérité. Imaginez les dangers que cela représente pour un peuple. Ensuite viens ce passage que je trouve tout aussi important ou il nous dit que « le mensonge est tissé autour de fait réels pour mieux tromper l’innocent ». Mais qui est le trompeur et qui est l’innocent? Sommes ‘Nous’ innocents de croire ce que ‘On’ nous dit ou sommes-nous coupables de l’accepter? Je vous laisse faire le choix de votre réponse mais dans votre choix, pensez à apporter l’épée et pas la paix.

« Aucune personne, aucun corps d’opinion, aucune doctrine politique, aucune doctrine religieuse ne peut revendiquer le monopole de la vérité ».

Ces mots ce appartiennent également à Nelson Mandela. Qui sont ceux qui revendiquent le monopole de la vérité? Plus tôt quelles sont ces vérités qui sont dites sur l’Afrique par ceux qui en revendiquent le monopole?
Les rapports des experts économiques parlent d’une croissance sur le continent africain de 3,4 % en 2017 et 4,3 % en 2018. Ils parlent d’une classe moyenne qui atteindrait 350 millions de personnes sur un total de 1,2 milliards d’habitant. Imaginez-vous, 1/4 de la population africaine composeraient bientôt la classe moyenne africaine. Des chiffres encourageants on peut le dire. Comment rester aveugle face à l’évolution positive des choses, l’Afrique progresse et les chiffres le prouvent. Nous devons saluer chaleureusement cette évolution, elle ne fut pas facile. Imaginez-vous, 1/4 de la population Africaine va composer la classe moyenne de l’Afrique ! Comment rester insensibles à ces chiffres ?

« Le mensonge est tissé autour de fait réels pour mieux tromper l’innocent »

Voyez-vous, ce que on ne vous dit pas dans les faits c’est que : oui, le taux de pauvreté en Afrique recule, mais le nombre de pauvre augmente. Le rapport sur les perspectives de l’économie en Afrique établit qu’ « il y aurait plus de 500 millions d’Africains sous le seuil de pauvreté, soit vivant avec moins de 2 dollars par jour. Je cite ici le journal Le Monde pour source. Ce qu’on ne vous dit pas c’est que la Banque africaine de développement définit une personne appartenant à la classe moyenne par un revenu compris entre 2,2 dollars et 20 dollars par jour. Le voilà le mensonge tissé autour de la vérité. Cette vérité que le taux de pauvreté en Afrique augmente. Cette pauvreté qui augmente n’est pas qu’économique, elle est aussi culturelle et éducationnelle.

Quand je pense culturelle, je pense à cette épisode ou un ‘expert’ haut comme trois pommes, s’est tenu devant le peuple africain pour lui dire « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. […] Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès ».

« si tu ne connais pas ton histoire, un jour un ignare se tiendra devant toi et te racontera ton histoire en te faisant croire qu’elle est sienne. Pire encore, il essaiera de te faire croire que tu n’as pas d’histoire». Le 26 juillet 2007 à Dakar, c’est ce qu’a fait ou tenté de faire Nicolas Sarkozy du bas de son mètre 66. Mon avis est que si il a pu oser un mensonge pareil en publique et devant les chefs d’états concernés, c’est que pour lui comme pour beaucoup, l’Africain ne connaît rien de son histoire si ce n’est ce qu’on a choisi de lui enseigner. L’enseignement issu des colonies avait un but précis, faire adopter au colonisé une histoire qui n’était pas sienne. Lui enseigné la grandeur du colonisateur et lui faire oublier l’histoire de ses ancêtres. Pourquoi? Parce que un peuple privé d’histoire est un peuple privé de repère. Ceci nous emmène à la pauvreté éducationnelle.
Dans l’arène, pour le gladiateur le plus important n’est pas la blessure faite par l’épée mais comment il réagi à celle ci. C’est ce qui fait la différence entre la vie et la mort. Entre une légende qui entre dans l’histoire à jamais et celui que l’on efface de l’histoire.

Nous avons pour devoir de nous saisir de l’épée, parce que nous somme les gladiateurs de l’Afrique. Le mensonge tissé autour de la vérité nous a infligé des blessures profondes, mais nous pouvons choisir comment nous réagissons à celle ci. Brandir haut notre épée est le seul choix et chance de victoire.

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